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Detroit Tigers - Chicago White Sox (14/08 et 15/08)

Rejoindre Détroit depuis le Canada

Après quelques jours à Toronto, direction Detroit en Flixbus. Et oui, ils sont partout puisqu'ils ont racheté Megabus. Un mois plus tôt, le pont international Gordie-Howe reliant directement Détroit à Windsor au Canada venait d'ouvrir, avec cette fois-ci un accès également pour les cyclistes et les piétons.

Ça aurait pu me laisser l'opportunité de faire Toronto - Windsor en train de journée puis atteindre Detroit avec ce pont. Mais en réalité celui-ci est mal situé puisqu'il est en dehors de la ville de Windsor et de Detroit. Donc l'organisation serait compliquée à mettre en place pour en faire bon usage sans perdre son temps.

L'usage du Flixbus de nuit passant par le Detroit-Windsor tunnel était donc le plus pratique. A la frontière, il a fallu que je repaye 30 dollars. Je pense qu'il s'agit de payer l'équivalent de ce qui est dû avec le formulaire I-94 pour les citoyens canadiens. Flixbus me notifiait en effet de remplir ce document dont je n'avais jamais entendu parler au préalable. En soit, aucune obligation j'ai préféré attendre le contrôle aux frontières et suivre les consignes (donc de payer 30$). Sinon, les contrôles (d'identité et de nos bagages) se font succinctement sans perte de temps significative.

Dormir à Détroit

Pour le logement, toujours en auberge à Hostel Detroit. Là encore un bon service, d'une association à but non lucratif qui plus est. Des salles de bain très grandes, des larges casiers et l'accès m'a été donné dès le matin. Bien pratique après un voyage de nuit.

L'auberge est moins centrale que celle que j'avais à Toronto, mais aux USA les beaux quartiers ne sont pas toujours en centre-ville. Il fallait donc marcher 20 minutes pour rejoindre la ville en passant par le plus vieux quartier de Detroit : Corktown. Je ne me suis baladé dans le quartier qu'en période creuse mais c'était déjà une atmosphère très agréable avec ses bâtiments historiques en brique. Donc à faire sans faute, si possible sur une fin de journée ou en week-end.

Se déplacer à Détroit

Détroit est desservi assez catastrophiquement en transports en commun. On a que des lignes de bus, qui passent environ une fois toutes les heures avec potentiellement 20 minutes de retard. L'avantage : ils ne m'ont jamais fait payer avec la feinte "comment je peux payer avec ma carte bancaire ?" puisqu'il fallait de la monnaie, une carte de transport ou l'application je crois. Ce n'est donc pas moi qui participe à l'amélioration des services. Les bus étaient généralement "vides" et sans mixité sociale.

Mais bon, c'est quand même con ce monopole des voitures aux USA. Je l'ai ressenti particulièrement à Détroit. Il y a d'énormes axes routiers, y compris en se rapprochant du centre-ville, les parkings semblent occuper la moitié du paysage urbain. C'est ridicule.

Détroit

Évidemment, Détroit n'est pas une ville dont l'intérêt touristique est évident. La ville, très liée à l'industrie automobile (on y trouve des références à Ford partout), a subi un énorme exode rural à partir des années 50 en perdant plus de la moitié de sa population. L'insécurité (les émeutes raciales dans les années 60 - dont le film Detroit traite une partie des événements) ainsi que le chômage qui a découlé de toutes ses différentes crises économiques et politiques a laissé une empreinte sur la ville.

C'est d'ailleurs peut-être pour ça que j'ai ce sentiment que les routes y sont trop dominantes ? Les infrastructures seraient à l'origine construites et dimensionnées pour une population plus nombreuse et dynamique ? Alors que sur mon court passage de 2 jours à Détroit, la ville m'a semblé au contraire plutôt calme, sans danger (faut-il le préciser) et agréable à vivre. Même si on tombe, ni plus ni moins qu'à Toronto, sur quelques drogués probablement aux opioïdes de synthèse, qui tiennent très bien la conversation à des amis imaginaires.

Pour le côté touristique, il n'y a pas grand chose à y faire si on n'est pas un fan d'automobile ou de Motown (musée en travaux sur mon passage). J'ai été très déçu des quartiers que j'avais recensé pour des graffitis (Lincoln Street Art Park, The Yard) alors que j'en ai trouvé naturellement des meilleurs sur ma route.

Car j'ai bien aimé marcher par défaut dans des quartiers résidentiels sur mon chemin. Puisque 45 minutes à pied d'un point A à un point B est plus rapide qu'attendre et faire le trajet en bus... Et je me suis notamment retrouvé dans celui où a vécu l'artiste Sixto Rodriguez (voir le documentaire Sugar Man). Ça m'a fait plaisir.

Et pour me prouver que le lien restait fort avec la ville, quand j'ai mis les pieds à Third Man Records, le label de Jack White, c'était la bande-son du magasin. Si vous aimez la musique, c'est un magasin à faire. Et si vous vous organisez bien, vous pouvez également assister au pressage de vinyle via une visite guidée. Vous avez également une scène, une cabine d'enregistrement, etc. C'est un beau lieu.

J'ai également pu observer l'étendue des installations d'une université comme Wayne State, l'une des 30 plus grandes des Etats-Unis.

Mais mon meilleur souvenir non sportif est finalement peut-être d'avoir mangé chez Buddy's Pizza pour goûter une Detroit-style Pizza. Attention aux USA les portions sont énormes donc la carte propose parfois une portion pour laquelle notre estomac n'est pas conçu. Après hésitation j'ai heureusement pris la portion "petite" (4 parts/slices) que je me suis forcé à terminer.

J'ai passé une journée complète sans songer à manger. Adresse recommandée par des locaux, devant le stade de baseball.

L'attractivité principale de la ville, qui m'est bien suffisante, est donc la musique (ci-dessous, la seule trace d'un héritage d'Eminem dans la ville) et surtout le sport. C'est l'une des 12 villes des USA à posséder une équipe dans chacune des 4 grandes Ligues sportives (NFL, NHL, NBA et MLB). Et auquel on ajoutera l'équipe de soccer, de mon prochain compte-rendu, avec une véritable culture.

Le stade

Pour l'heure, parlons du Comerica Park des Detroit Tigers, voisin du stade de NFL. J'ai véritablement un stade de baseball tel qu'espéré. Un stade ouvert, à l'ancienne, une identité visuelle inimitable et fun avec l'emblème du tigre qui ferait du stade un très bel hôte à des épreuves de Fort Boyard. Y'a quelque chose. Et alors un match qui débute de jour pour finir de nuit, c'est magnifique.

Dommage que les statues qui font honneur aux légendes de la franchise, soient collées pour faire face au terrain. Je veux dire, c'est très beau et télévisuel mais déjà très éloigné de notre vue. Et surtout de près on peut à peine en profiter puisqu'il n'y a pas d'espace de circulation devant elles.

L'accueil et la billetterie

En revanche, l'accueil est pas ouf. Tout le monde s'y adapte mais je n'ai presque jamais vu ça pour du foot, alors dans la culture du supportérisme américain c'est d'autant plus ridicule : aucun sac plus grand qu'une sacoche de 15cm n'était autorisé avec fouille minutieuse des sacoches. Mais pour chercher quoi dans un si petit sac ? Rien n'a été refusé. Des femmes dont on refuse l'entrée avec un sac plastique qui contient du merchandising d'une boutique à côté. Elles ont dû porter 3-4 couches de vêtements supplémentaires devant le vigile pour tout remettre dans le sac 5 mètres plus loin. On marche sur la tête avec certaines sécurités événementielles.

J'en parlais avec Toronto, il y a beaucoup de "giveaways" en MLB. Pour Détroit j'ai choisi avant l'ouverture générale des ventes une offre à 38€ avec un hoodie d'une université offert pour chacun de mes deux matchs. Cela permet je suppose de soutenir l'université qui elle-même tient un stand d'informations et de goodies dans le stade. Sans cette offre, j'aurais pu obtenir des tickets autour de 20€ en vente générale mais les places équivalentes aux miennes restaient autour de 35€ à l'approche du match. Le Hoodie est donc "offert". Les places avaient beau être pratiquement toutes vendues en première main, vous en trouverez toujours une ou plusieurs centaines en revente mais sans que ce soit un business (probablement une bonne partie d'abonnés). Les prix restaient attractifs (40$), sans surcoût ni réelles économies à réaliser à attendre le dernier moment.

Pour la bouffe et la boisson, puisque vous ne rentrerez avec rien, l'offre est riche mais vous devrez également l'être pour en profiter. Non en vrai avec le recul, c'est peut-être pas si choquant ramené au coût de la vie et au système américain. Y'a des offres acceptables et d'autres beaucoup moins. Je consomme déjà peu en Europe à cause du rapport qualité/prix dans un stade, donc forcément j'allais peu consommer dans les stades américains. C'est le prix de l'alcool qui fera toujours halluciner ceux qui en boivent en Europe.

Les coursives sont sinon vraiment très biens.

On a des animations (petite scène musicale, manège pour les enfants dont une grande roue), des tables pour se poser. C'est une belle réussite. Et sans oublier qu'aux USA vous avez toujours un porte gobelet à vitre siège, et sur certaines places plus chères, des tablettes rétractables. Vrai confort.

L'atmosphère

Personnellement, j'ai surveillé les places encore en vente sur Ticketmaster. C'est réservé 10 minutes dans le panier et au coup d'envoi, les ventes disparaissent. Puis j'ai squatté le troisième rang aussi confortable qu'un fauteuil. Alors que la place que j'avais réellement payé me donnait cette belle vue au demeurant :

Dès lors, l'expérience est rendue encore un peu plus belle dans un premier match offensif perdu 9-5 contre les étonnants White Sox, cancre de la saison dernière et surprenant leader de la division AL Central cette saison grâce notamment à leur recrue japonaise Marakumi.

Mes vidéos du match sur instagram en cliquant ici.

Et y'a surtout un fan de Detroit qui m'a régalé au premier rang, même si c'est difficile d'entraîner les gens dans sa propre folie. Le mec devait porter près d'une vingtaine de maillots sur lui, qu'il a gardé la majorité du match, ainsi que quelques pancartes et jeux de mots pour soutenir des joueurs.

Par contre, cette vue proche n'est pas la meilleure pour déterminer un lancer bon ou non. Mais ne boudons pas notre plaisir. Sachez juste qu'en baseball la vue restera très bonne quelque soit votre hauteur en tribune tant que vous restez dans le périmètre des bases. Au final on est toujours bien plus proche de l'action qu'à un match de foot.

A Detroit, il y'avait un peu plus de show "US" façon NBA qu'à Toronto pour faire participer et amuser le public : usage de filtres sur les spectateurs, etc. On s'en fout mais c'est sympa quand même. Le match du vendredi soir a terminé par un énorme feu d'artifice. Il me semble que c'est une habitude des matchs du vendredi soir.

Le match du samedi était un peu moins offensif mais disputé jusqu'au bout avec un écart décisif réalisé seulement en 7éme manche pour le 5-4 White Sox. Toujours dans une bonne ambiance avec près d'une centaine de fans (probablement de l'université de Ferry State, concerné par la promotion du jour) torse-nu à s'amuser, malheureusement à l'opposé du jeu donc inaudible.

Mes vidéos du match sur mon compte instagram en cliquant ici.

L'expérience groundhopping

Le Comerica Park est une excellente expérience de baseball avec son très beau stade. Il reste à avoir les raisons de se rendre à Detroit. Depuis Toronto, c'est quand même chiant de se taper la route et les contraintes frontalières. Et depuis Chicago ça fait environ 120€ A/R en train mais un trajet en Amérique mieux desservi par le train (4h) que la route (7h), ça se salue ! Et pour ce que j'ai dit sur la ville, je me doute qu'on y croise peu de touristes européens.